Après une bonne nuit, levés de bonne heure, nous faisons le ménage dans Trottinette. Bruno répare une fuite d’eau courante qui mouille l’intérieur du placard des conserves, pâtes, riz, …
Tranquillisés de ce côté là, nous « attaquons » la montée vers Chacas.
Chacas nous a été recommandé par des français rencontrés au camping de Cusco.
La météo n’est pas excellente, nous espérons que nous pourrons voir quelques sommets, vallées, glaciers et lacs.
Autre inconnue, la qualité de la route. Est-ce une route asphaltée, une piste et dans quel état ?
Surtout qu’après une dizaine de kilomètres, lors de la traversée d’un village, c’est une route en plaques de béton et on a vraiment l’impression qu’un tremblement de terre a disjoint les plaques.
Mais un automobiliste local nous confirme que la route est bonne. Il ajoute « tranquillo ». Pour faire les 80 kms, il faut 2h 1/2 …
Effectivement, la route est asphaltée, en bon état. La seule chose qui empêche de rouler normalement, ce sont les virages, les épingles à cheveux et le dénivellement.













Nous arrivons à Chacas sous la pluie. Le stationnement est payant, 2 sols de l’heure, Brigitte négocie 5 sols jusque demain matin!
Chacas est une belle ville de style colonial. Contrairement aux autres villes de la route PE-3, elle a été épargnée par les tremblements de terre de 1970. Du coup, la Plaza de Armas a gardé un charme que même la pluie ne peut compromettre.








L’économie de Chacas, ce sont traditionnellement les mines et l’agriculture.
Ugo de Censi, prêtre salésien, à la tête de l’opération Mato Grosso, arrive à Chacas en 1976.
L’objet de cette organisation, c’est d’instruire les enfants des milieux défavorisés et de les former à des métiers principalement manuels : menuiserie, ébénisterie, verrerie d’art, tissage, … Le produit des travaux que nous avons pu voir au musée est exporté jusqu’en Europe et USA.
Ugo de Censi a contribué à la rénovation/conservation du village.
Par exemple, l’église a été restaurée par les apprentis salésiens.
D’autres informations sur cette organisation en cliquant ici.



Lors de notre visite de cette église, nous assistons à la répétition d’un spectacle. On nous dit de venir pour 20h.
A 20h moins 5, nous arrivons sur place et nous sommes debout au fond de l’église bondée. Il y a de nombreux européens, jeunes adultes.
Le spectacle en question, c’est la commémoration du décès de Ugo de Censi, en 2018.
Nous sommes saisis par la ferveur des personnes présentes. Pourtant, nous sommes plus de 1000 personnes.
Lorsque le prêtre demande le silence, il n’y a pas un bruit, même les petits enfants font silence.
A la sortie, nous demandons des explications à deux jeunes mamans. Dans leurs réponses, nous voyons qu’elles sont émues. Elles sont venues d’Italie exprès, avec leurs enfants.
Nous comprenons que Ugo avait un charisme et qu’il était important pour beaucoup. Un peu comme le frère Roger à Taizé ou Florin Callerand à la Roche d’Or de Besançon.
C’est aussi la force des communautés salésiennes.
Un grand moment imprévu.
Oui c’est un moment fort. De ceux qui permettent d’entrer en profondeur dans un pays, à la fois géographiquement et humainement.
Bisous, soignez-vous bien.